Une académie contestée
Depuis le XIXᵉ siècle, le Prix de Rome était la clé de voûte de l’art officiel français. L’Académie des beaux-arts y sélectionnait ses meilleurs élèves selon des règles strictes : sujets imposés, épreuves « en loge », primauté de la peinture d’histoire et du dessin d’après l’antique.
Or l’art vivant s’était construit ailleurs. Les grands mouvements modernes — de l’impressionnisme aux avant-gardes du XXᵉ siècle — s’étaient développés en dehors de l’Académie, souvent contre elle. Nombre de peintres majeurs n’avaient jamais concouru, ou avaient échoué au concours.
Aux yeux de ses critiques, le Prix de Rome en était venu à récompenser une virtuosité scolaire, coupée de la création de son temps. Le long apprentissage romain, fondé sur la copie des maîtres et l’étude de l’antique, semblait appartenir à un autre âge.
Une allée bordée de haies taillées, fermée au fond par une statue
